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Les Carnets
de Josée Fiset

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— Le pain de mes ivresses

L’amour est une drogue, c’est scientifiquement prouvé.
Les addictions utilisent les mêmes voies neuronales que les sentiments amoureux. J’assume complètement ma dépendance ponctuelle au pain choco-canneberges. Depuis 10 mois, j’attends patiemment son retour et l’inoffensive ivresse qu’il me procure.

Je crois qu’il y a des idées, des objets et des plaisirs qui sont faits pour durer, pour être inconditionnellement et éternellement aimés. Mon petit espresso coutumier, qu’aucun matin je ne sacrifierais, s’inscrit de cette catégorie. Une baguette bien faite, tout juste sortie du four, bien beurrée… Avouez !

Je pense aussi que d’autres gagnent à apparaître et à disparaître comme des feux d’artifice, et à revenir après avoir été longuement désirés. Ou pas. Je m’explique.

Les frites de ma mère sont grosses, croustillantes dehors, tendres dedans et jamais grasses. Ma mère les arrose d’un peu de vinaigre avant de les saler pour que le sel accroche. Je n’exagère pas quand je les qualifie d’objets de pâmoison. Mais seraient-elles si bonnes si j’en mangeais souvent ? Idem pour les beignes aux patates de Saint-Esprit, trempés dans le sirop d’érable. Je m’en prive pour continuer à virer de l’œil à la première bouchée. Le manque multiplie le plaisir.

Le pain choco-canneberges de Première Moisson est le climax de cette affirmation. Je me rappelle l’avoir mangé avec mes yeux la première fois qu’il s’est exposé à moi sur un comptoir de décembre, avec ses couleurs aguichantes dans le gris d’un jeudi midi avec ses promesses de douceur, de moelleux, d’abondance.

Pour moi, la température joue beaucoup sur mes addictions. Le café, la baguette, les frites… Tiède, plus rien ne vaut. Le pain choco-canneberges échappe à cette loi. Pourquoi ? Fouillez-moi. Je mets ça sur le dos de la profusion de fruits et de pépites en chocolat qu’il contient. Chaque bouchée produit une explosion différente selon ce qui constelle sa mie. Alors, oui, froid, c’est extra. Mais chaud… Je ne vous dis pas.

Il arrive un peu avant le père Noël !

Inspirer

La matière — Tchiaaaaa, dites « Tchiaaaaa ! » Salvia hispanica La mise en scène Le TV Dinner ou la petite histoire d’un mariage à quatre : bouffe, ciné, amis et familles La question Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi…

Cuisiner

La paresse velouté aux courgettes et haricots blancs La gourmandise brownies véganes sans farine de blé

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La rencontre Jamais sans ma bûche ! Le partage — 23 décembre, trois heures moins quart La découverte — Le pain de mes ivresses